Série estivale spéciale EMI

Dans cet épisode, nous prenons la direction du Val d’Aoste italien à la rencontre de Gabriella Vernetto. Elle a coordonné le projet Parcours civique et professionnel en montagne qui a impliqué plus de 3000 élèves de Haute-Savoie et du Val d’Aoste. À titre de comparaison, elle évoque aussi le rôle que tient l’EMI au sein du système éducatif italien. Bonne écoute…

  • We report, site du collectif de journalistes indépendants.
  • Boule de neige, exemple de journal (lycée de Courmayeur) disponible sur le site de We report.
  • CLÉMI, site du Centre pour l’éducation aux médias et à l’information.


La transcription de cet épisode est disponible après les crédits.

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Extra classe, des podcasts produits par Réseau Canopé.

Émission préparée et réalisée par : Luc Taramini et Hervé Turri

Directrice de publication : Marie-Caroline Missir

Coordination et production : Hervé Turri, Luc Taramini, Magali Devance

Mixage : Laurent Gaillard

Secrétaire de rédaction : Aurélien Brault

Contactez-nous sur : contact@reseau-canope.fr

© Réseau Canopé, 2022


Transcription :

[Je suis] Gabriella Vernetto, inspectrice régionale pour les langues dans la région autonome de la Vallée d'Aoste.

Je participe à ces journées et à ces rencontres de l'EMI, d'un côté parce que je suis coordinatrice du projet « Parcours » – j'en ai assuré la coordination pendant trois ans. Et, de l'autre côté, parce que je suis chargée également de mission pour l'éducation civique dans la Vallée d'Aoste, et donc je m'occupe de l'éducation civique dans ma région. Le projet « Parcours » est d'abord un projet transfrontalier de coopération entre deux territoires, la Vallée d'Aoste et le département de la Haute-Savoie. Pour la Vallée d'Aoste, il faut préciser que ce n'est pas l'ensemble de la région qui est impliqué, mais seulement le territoire qui est frontalier de l'autre côté du Mont-Blanc. Donc c’est le territoire autour du Mont-Blanc qui est impliqué. Le thème de ce projet est, d'un côté, l'éducation aux médias à travers des résidences journalistiques. Il y a donc des journalistes qui interviennent dans les classes et qui sensibilisent les élèves aux médias. Ils les forment en quelque sorte à produire des contenus en apprenant des techniques de professionnels. Puis il faut des contenus bien évidemment. Il ne faut pas seulement des savoir-faire de journalistes mais il faut aussi des contenus. Les contenus sont le territoire de montagne – ses spécificités, notamment en relation avec le développement durable, le changement climatique – et les métiers de montagne parce qu'on s'adresse à des jeunes. On veut donner à travers ce projet la possibilité de découvrir des métiers qui, peut-être, deviendront leur profession future. Donc l'idée qu'on peut rester chez soi et de choisir un métier, une profession qu’ils ne connaissent probablement pas, qui ne fait pas partie de leur cercle de connaissances.

Comment faire concrètement ? Il y a ces résidences de journalistes puis il y a des sorties sur le terrain – ce qu'on appelle des chantiers engagés – où les élèves vont à la rencontre de ces personnes. Ils les interviewent en utilisant les techniques qu'ils ont apprises avec les journalistes. Puis ils retournent en classe et ils retravaillent les contenus – images, photos, vidéos, audios. Et ils produisent des articles, des podcasts, des vidéos qui sont publiés. Tout ce qui est audio et vidéo est publié dans le site du collectif de journalistes qui intervient, We report, et tout ce qui est texte écrit fait l'objet de publications – par exemple, Boule de neige qui est le journal du lycée de Courmayeur, mais il y en a d'autres. Puis on réunit toutes les productions dans ce qu'on appelle un book. Chaque année, on réunit toutes les productions des élèves dans un document unique qui est distribué non seulement aux participants mais aussi aux élus parce qu'il est important de les impliquer. Finalement, si on peut monter des projets européens, que ce soient des projets transfrontaliers ou de plus vaste envergure, c’est parce qu’on a le soutien et l’aval du côté politique.

L'échange de pratiques est au cœur du projet et c'est la raison pour laquelle on organise des projets transfrontaliers afin de permettre aux enseignants – mais aux élèves aussi – de se rencontrer, de partager leurs pratiques pédagogiques et des points de vue différents. L'intéressant dans le projet, que ce soit un projet transfrontalier ou européen, réside dans le fait qu’on est obligé de voir les choses de notre point de vue, de voir une autre approche dans la manière d'envisager l'enseignement de la discipline ou l'enseignement dans le cadre de parcours de l'éducation civique et de l'éducation aux médias. Et c'est ce qui est enrichissant parce que c'est à travers la décentration par rapport à ce qu'on fait habituellement qu'on s'enrichit mutuellement et qu'on évolue.

Notre objectif est de former des citoyens avertis, informés, capables de distinguer le vrai du faux. On sait que c'est très important à l'heure actuelle parce qu'on est confronté au pouvoir des réseaux sociaux, où les fausses informations circulent sans problème et souvent s'imposent tout simplement par le fait qu'elles circulent facilement et rapidement. Donc, il est important que les élèves soient formés à l'éducation aux médias. L’objectif est de former des citoyens à part entière, conscients des choix qu'ils font, que ce soit dans le domaine de l'information, de la santé, de l'environnement. Ce n'est pas un hasard si, en Italie, l'enseignement de l'éducation aux médias se fait au sein de l'enseignement de l'éducation civique, qui est obligatoire dans notre pays. De la maternelle jusqu'au lycée, nos élèves sont tenus de suivre 33 heures de cours par an. Et l'autre choix intéressant que le ministère de l'Éducation italien a fait est celui de ne pas confier à un seul enseignant l'enseignement de l'éducation civique. L’éducation civique est l'affaire de tout le monde. Que ce soit l'enseignant d'histoire, de lettres, de langue, de l'éducation physique et sportive, ils sont tous concernés. Avec cette loi, qui remonte à 2019, il y a eu vraiment un changement de cap : du fait que ça soit obligatoire et qu'on précise bien le nombre d'heures par an, que tous les enseignants soient impliqués et surtout que ça doive être évalué. Il faut une note d'éducation civique et ce n'est pas la note d'un seul enseignant. C'est l'ensemble du conseil de classe – le groupe d'enseignants – qui décide quelle est la note de l'élève. Il y a donc différentes disciplines qui contribuent à la définition de cette note.