J’ai récemment participé à une discussion sur les transitions médicales de genre à Radio-Canada, sujet que j’avais déjà en partie exploré avec l’aide de spécialistes. Ce sujet était prévu depuis plusieurs semaines, mais j’étais loin de me douter qu’entretemps, un débat politique serait déclenché sur les toilettes mixtes, et encore moins qu’une manifestation anti-LGBTQ+ aurait lieu l’après-midi même. Il faut dire que le militantisme anti-trans est de plus en plus présent au Québec (quelques exemples : 1, 2, 3).

Or, cette discussion a inspiré la fantastique Elise Gravel à faire une BD sur le sujet! Elle a collaboré avec Mykaell Blais et je lui ai aussi offert quelques idées sur certains des points soulevés.

La BD est sur le site web d’Élise : Pourquoi tout le monde parle d’identité de genre?

Il m’apparaît aussi important de noter que les informations partagées dans cette BD, quoique très résumées et vulgarisées par Élise et Mykaell (donc non-exhaustives), sont globalement congruentes avec les lignes directrices de traitement de la World Professional Association for Transgender Health (WPATH), qui constituent le standard de traitement dans la plupart des cliniques spécialisées en Amérique du Nord dont celle de l’Hôpital Ste-Justine à Montréal, ainsi que les positions officielles des principales associations médicales pertinentes à ce domaine, notamment la Canadian Pediatric Society, la Canadian Pharmacists Association, l’American Psychological Association, l’American Psychiatric Association, l’Endocrine Society, l’American Academy of Pediatrics, l’American Medical Association, et l’American Academy of Child and Adolescent Psychiatry. Aussi, plus d’une trentaine d’associations médicales ont pris position sur l’importance des soins affirmatifs de genre, et contre les législations qui voudraient s’y opposer.

 

Voici ce que dit par exemple l’American Academy of Pediatrics (traduction) :

« Il existe un fort consensus parmi les organisations médicales les plus importantes du monde entier sur le fait que les soins fondés sur des preuves et affirmant le genre pour les enfants et adolescents transgenres sont médicalement nécessaires et appropriés. Cela peut même sauver des vies. La décision de commencer ou non un traitement d’affirmation de genre, qui ne conduit pas nécessairement à un traitement hormonal ou à une intervention chirurgicale, est personnelle et implique un examen attentif de la part de chaque patient et de sa famille. »

 

Il m’apparaît important de souligner cet état de la situation, comme le prévient l’American Medical Association« en raison de la mésinformation généralisée sur les soins médicaux pour les adolescents transgenres et de diverses identités de genre ». Cette mésinformation est malheureusement très présente au Canada et au Québec aussi.

 

P.S. Une version précédente de la BD affichait mon nom d’une manière qui pouvait laisser croire que j’étais son auteur. Dans les faits, il s’agit d’une BD d’Elise Gravel, pour laquelle j’ai proposé quelques idées, certaines ayant été retenues, d’autres non. Puisque je trouvais sa BD excellente, je n’ai pas porté attention à ce détail, qui a été corrigé par la suite.