En 1997, les Daft Punk sortent l’album Homework. Comme beaucoup, DJ Mehdi tombe sous le charme. Qui sont ces deux types qui samplent Barry White, les Bar Kays, Billy Joel et qui dans la chanson ‘Teachers’ citent Dr Dre et George Clinton à côté de Paul Johnson ou Lil Louis ? Eux qui produisent sur le même genre de machines n’en arrivent pas du tout au même résultat. Mais alors à quel moment leurs chemins divergent ? 


Cette question là, Mehdi commence à se la poser à la fin des années 90, et quand il réalise que c’est notamment une question de tempo il propose à Manu Key de produire des instru qui ne vont plus à 96 bpm mais qui montent à 120 battements par minutes. Mais il y a plus de 20 ans, en France, ce n’est pas le genre de truc qui se faisait. 


Alors Mehdi commence à composer dans son coin des morceaux instrumentaux, ultra filtrés, pour le plaisir de la nouveauté et parce qu’il a envie de les faire écouter aux DJ qu’il fréquente. Zdar, Bangalter, Boombass les trouvent super. 


Mais ils ne sont pas les seuls : quand Mokobé et Rim’k du 113 les découvrent, ils veulent rapper dessus, parce qu’ils aiment cette manière très digitale de découper les samples. Pour leur premier album, ils veulent sortir un disque de rap qui surprend et ce sera le cas avec Les Princes de La Ville. Quand on disait à DJ Mehdi qu’il avait eu cette idée géniale de mélanger le rap et les sonorités électro, il tenait à préciser que ce n’était pas de son fait, mais de celui du 113. C’est comme ça qu’est né l’album des Princes de la Ville, qu’on peut écouter comme une sorte de testament laissé par DJ Mehdi au rap français. 


Quand le disque du 113 sort, et que le groupe déboule aux victoires de la musique en peugeot 504 break chargé, DJ Mehdi est évidemment heureux de partager ce succès avec ses amis d’enfance. Mais il a déjà un pied ailleurs, il aime traîner aux soirées Respect au Queen, il rêve sincèrement de jouer à Ibiza et devant un public de fêtards. 


C’est ce chemin qu’il a parcouru qui va causer la fin d’Ideal J ; il n’y a pas eu de fâcherie, il y a simplement eu un fossé qui n’a cessé de se creuser avec le temps. Au bout d’un moment, quand des rappeurs lui demandaient des instrus, il leur présentait des morceaux rapides, syncopés, filtrés. Le genre de trucs qu’il avait envie de produire à l’aube de l’an 2000, mais qu’aucun rappeur français de l’époque n’avait vraiment envie d’assumer. 


C’est comme ça que les choses arrivent et que les pages se tournent. Après ça, la seconde vie de DJ Mehdi a commencé, et on en parlera dans la suite de cette nova story. 




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