Dans les forêts hantées par les corbeaux de Darkenhöld

Interview d’Aldébaran (guitariste et compositeur) et Cervantes (chanteur), enregistrée le 20 janvier 2021. Darkenhöld est un groupe de black métal français à tendance médiévale.

Leur dernier album : Arcanes & Sortilèges à totalement fusionné avec ma chaîne Hifi tellement je l’ai écouté.

Musiques :

  • Ben Guinchi & Death Throne – Parole de métaleux thème
  • Darkenhöld – Mystique de la Vouivre – Arcanes & sortilèges
  • Darkenhöld – Bestiaire Fantastique – Arcanes & sortilèges




NB : Cette histoire est librement inspirée de l’univers Darkenhöld.

Je me baladais sur l’avenue
Fier, sur mon destrier, habillé de blanc et de vertu
Quand je rencontrais Aldébaran sur la voie
Laisse-toi porter par Darkenhöld me dit-il avec émoi.

Ni une, ni deux, je descendis de mon fidèle destrier Roger. C’était le nom de mon cheval Roger. J’hésitais entre un prénom moderne et ancien, j’ai finalement choisi une valeur sûre, une dénomination qui ne vend pas du rêve.

Me voici enfin arrivé dans les forêts hantées par les corbeaux de Darkenhöld. Des lieux chargés d’histoire aussi connus pour être des plaques tournantes de bardes talentueux. En tant que jeune chevalier, cette première sortie fut mémorable puisque je me suis cassé la gueule par terre à moult reprises. Cela ne s’improvise pas de maîtriser sa monture même en position stationnaire.

Aldébaran s’approcha de moi, il arborait une armure avec le seau de Messire Covenant. Un fichtre bon groupe disparu dans les pseudos limbes du succès. Roger, le cheval télépathe, ne manquait pas de me rappeler la qualité de cet album (on nage en plein heroic fantasy).

L’homme posa lentement son casque et ses guitares portatives. Il se racla la gorge puis me regarda avec gravité.



Aldébaran veille.

« Tiens, Asmoth, c’est cadeau : un album de Bal-Sagoth.
– Que… je… écoutez c’est gentil, mais pourquoi me donner cet artéfact ? Je ne suis qu’un simple chevalier sans ambition, je n’ai même pas le BEPC.
– Garde-le précieusement, Asmoth. Il existe un secret derrière cet album mais je ne le connais point. D’après la légende, celui qui le perce se dotera de grands pouvoirs.
– Mhh…Pourquoi moi ? Je ne vous connais pas du tout. »

Roger hennit subitement. Il devait trouver le temps trop long ou alors le manque de nourriture commençait à le tirailler.



Roger suggérait de déballer de ma besace la machine à bruit. Je sélectionnais le volume sonore le plus élevé : 666 également appelé le niveau ouverture des shakras-aux-blast-beat (l’équidé est toujours télépathe, est ce que l’information est intégrée cette fois-ci ?).

Une douce musique se fit entendre, Mephistopheles nous enveloppait de nappes de claviers. La danse du dieu cornu commençait, ainsi je mis ma perruque d’apparat pour headbanger (parce que je le vaux bien).

Landscape symphonies de Mephistopheles. Si tu ne connais pas, il faut écouter petit scarabée,



Après quelques chansons où nous headbangions allégrément, nous nous posâmes par terre, fatigués mais heureux de l’effort donné sur de si bon morceaux. L’ambiance feu de camp entre compagnons d’aventure imprégnait l’atmosphère.

Roger interpella une vouivre qui passait dans les parages, sûrement attirée par la lumière.

« Qui me parle ? Qu’ouïs-je ? SSSSsssSSSS
– Vouivre, veux-tu te joindre à nous et nous conter ton histoire ?
– Je suis la vouivre du Destin. SssSSSSSSSS
– Mais qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ?
– sssSSSsSS… Je suis la vouivre du Destin, votre fière oriflamme vous démarque des gueux du coin. SSSsssSSs. La rime c’est frime….SSSssSsSSSs. Oui noble étranger, j’ai tant de récits à raconter, je viens de loin. »

« SSSSsssSS. Je venais de traverser les plaines de Gorgoroth. J’étais en fuite car une meute d’orcs détruisait tout sur son passage. Mon village fut anéanti. Pourchassée, je n’eus d’autre choix que de me risquer sur ces terres maudites, elle aussi pleines d’orcs, en espérant passer la forteresse de la frontière : le château de Satyre. Au-delà de ces contrées maudites, la Cimmérie, Terre ô combien promise de mille trésors, de paix et de prospérité.  »

La voix de la vouivre, empreinte d’émotion annonçait un passage difficile de sa quête passée.

« Oui, j’ai combattu et gagné cette épreuve du Gorgoroth mais à quel prix… J’ai dû piétiner mes ennemis »

– Mais rien ne vous fait donc mal à vous ? – Si, la douleur

« Une vouivre sans pied qui piétine, voilà un phénomène peu commun.
– La motivation justifie l’acte. Si vous m’aviez demandé ce qu’il y a de mieux dans la vie à ce moment là, je vous aurai répondu :
Écraser ses ennemis, les voir mourir devant soi et entendre les lamentations de leurs femmes !
– Par Crom ! Pardis, en fait vous êtes un magicien noir, vous connaissez l’art subtil de la métamorphose ! Cependant, votre habit de vouivre n’est que temporaire ! 
»

Je commençais à peine à réaliser la réalité de mes propres mots, quand un bruit de végétation écrasée rompit le silence. Des mouvements de branches attirèrent nos yeux vers la vouivre, mais elle avait disparu. Un immense sorcier bardé de noir sortit du bosquet. Son expression suggérait qu’une information capitale devait être délivrée. Il s’adressa d’un ton rude à Roger.

Aldébaran et moi tenions nos armes d’une main, prêt à dégainer en cas de coup dur.

« Ma quête ne s’arrête pas là... J’ai aussi atteint le château de Satyre…»
Rassurer par les intentions du magicien, nous nous détendîmes.

« Qu’il en soit ainsi ! Assieds-toi et raconte-nous.

– …Une silhouette se dessinait au loin. C’était lui : Satyre. Il me narguait. Il m’invitait à combattre.

Bouh je te fais peur, je défends le château à proximité de la forêt hantée.

S’en suivit une cavalcade épique, les crinières au vent, moi et mon cheval, nous nous jetâmes corps et âmes à l’attaque du chevalier Satyre. Ma monture s’élançait de toute sa puissance, tandis que je brandissais ma flamberge, encore garanti 3 mois par le forgeron, le son du galop résonnait dans la plaine. Mon combat débutait… »

« Que je trépasse si je faiblis ! Tu vas morfler chevalier démoniaque !
– Sale moldu ! Tu ne passeras pas ! me dit le chevalier Satyre. »

« Quel rude adversaire ! De fil en aiguille, ou de fil en épée, si je peux me permettre, je lançais un puissant sortilège. C’est plus simple et plus propre, surtout que je suis un magicien diplômé ! Les arcanes de l’éther demeuraient ma spécialité. Le pauvre chevalier noir ressemblait à présent à une merguez restée trop longtemps sur le barbecue.  »

Chevauche les éclairs, ok, pourquoi pas ?

« Chevauche les éclairs…Ride the lightning… Ce n’était pas qu’une musique, c’était un puissant sortilège !  intervient Roger dans un écho crânien collectif.
– Oui Roger…Tu as raison, mais le plus incroyable survient ensuite. Quelques minutes après mon exploit, Cervantes vint à ma rencontre.
– Quoi, le vrai Cervantes ? demanda Aldébaran.
– Oui, Cervantes de la légende Atlante n’est pas un mythe. Il est bien réel. Il garde avec sagesse de grands mystères convoités par tous les plus grands aventuriers.
»



Cervantes au milieu de sa cédéthèque qui en ferait pâlir plus d’un de jalousie

« Bonjour magicien-vouivre en cavale.
– Comment connais-tu mon nom ?
– Je vois le futur…Comme toi ô lecteur averti et hypnotisé par la cohérence de cette épopée j’ai lu cette histoire dans parole de métaleux et…J’ai des Metal Attack que tu ne posséderas jamais.
– Chouette, mais est ce que je pourrais les écouter quand même ?
– Oui mais si ton cœur est pur….En attendant, je dois te mettre à l’épreuve. Chaque homme qui me rencontre doit en sortir grandi, telle est la règle.. Si tu réponds à mon énigme, je te donnerai un indice de premier choix pour une aventure ultérieure. Maintenant, prouve-moi ta valeur et répond à mon énigme. »

« Je retenais mon souffle tandis que mon rythme cardiaque s’accélérait. J’écoutais. »

« Immuable, est toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, – jamais plus !! Qui suis -je ?
– Facile, le corbeau. Tous les métaleux de bon aloi connaissent ce poème de Poe.
– Tu n’es pas né de la dernière pluie…Bravo… Voilà l’indice promis : Starfire Burning upon the Ice-Veiled Throne of Ultima Thule de Bal-Sagoth .»

Nous regardâmes tous le magicien-vouivre d’un œil béat. Le récit de son épopée prenait fin et il était temps de rajouter quelques bûches dans le feu. Nous allions enfin partager un repas digne de ce nom. Roger reprit soudainement la parole dans nos têtes.

« C’est marrant, on a aussi un album de Bal-Sagoth et c’est celui-là justement. Et si tu le diffusais Asmoth ?
– Très bonne idée… Et si on écoutait In the Raven-Haunted Forests of Darkenhold, Where Shadows Reign and the Hues of Sunlight Never Dance. »

The Splendour of a Thousand Swords Gleaming Beneath the Blazon of the Hyperborean Empire est aussi une valeur sûre.

Et tout s’éclaira dans mon esprit. La fameuse liaison entre Bal-Sagoth et Darkenhöld est le tréma qui joint les deux mondes. Bal-Sagoth ne possédait pas de tréma, le nouveau monde, le nouveau Darkenhöld oui !!

« Oui, Oui ! Le signe diacritique sacré ! Il est ….. »




Addendum : Le reste du parchemin est illisible. Les archéologues n’ont jamais trouvé de suite à cette histoire (dont la bible assure pourtant son authenticité, le débat fait rage parmi les experts). Il est cependant sûr de croire en chevalier Asmoth. Il admire et respecte Aldébaran et Cervantes pour leur dextérité et leur engagement sans faille envers le peuple des métaleux.