Dans un entretien accordé à ONU Info, Nadège Compaoré, professeure de relations internationales à l’Université de Toronto et spécialiste des industries extractives en Afrique, analyse les profondes mutations auxquelles l’État africain est confronté. Invitée au siège des Nations Unies, à New York, dans le cadre de discussions sur le thème Saisir le moment : les promesses de l’État africain, elle explique pourquoi le continent traverse aujourd’hui une période décisive.Pour elle, la redéfinition de l’État africain est devenue incontournable, dans un monde où les équilibres géopolitiques se recomposent rapidement.« Nous n’avons pas connu une période de redéfinition du système international à ce point depuis la Seconde Guerre mondiale », souligne-t-elle.Alors que les grandes puissances se disputent les minerais stratégiques africains, elle estime qu’« il est grand temps que l’Afrique soit au centre » des décisions qui façonnent l’avenir du système international.Nadège Compaoré revient également sur l’héritage d’un modèle extractif hérité de la colonisation, qui continue de marginaliser les communautés locales. Elle appelle à repenser la souveraineté, à réformer les contrats miniers, et à construire un État inclusif, panafricain, capable de placer l’environnement et la justice au cœur de ses choix politiques.(Interview : Nadège Compaoré, professeure de relations internationales à l’Université de Toronto et spécialiste des industries extractives en Afrique ; propos recueillis par Cristina Silveiro)